Picasso, au fil des expos
« Picasso-Méditerranée » se tiendra du printemps 2017 au printemps 2019. Plus de soixante institutions ont imaginé ensemble une programmation autour de l’oeuvre « obstinément méditerranéenne » de Pablo Picasso.
Dans le cadre ou hors du cadre de ces manifestations culturelles internationales explorant l'oeuvre de Picasso, petits et grands musées d'art exposent le maître.
Ainsi, le musée d'art contemporain Saint-Martin de Montélimar, à travers son exposition relative à la donation Pierre Boncompain : De Renoir à Picasso, Regard sur une donation, Boncompain et les grands maîtres. Occasion unique pour le public de découvrir des oeuvres importantes d'artistes ayant influencé leur ami, artiste et collectionneur d'origine drômoise, qui a lui-même exposé dans le monde entier. Donc sur les cimaises, deux magnifiques Portrait imaginaire, lithographies couleurs réalisées par Picasso en 1969. Ce qui rassemble les deux artistes, et tant d'autres j'imagine, la lumière, "le carburant" de Pierre Boncompain, comme celle du sud de la France.
Le musée Fabre de Montepllier célèbre l'artiste par son admirable exposition : Picasso, Donner à voir, 14 moments clés. Parcours à travers les "années charnières au cours desquelles il remet en jeu son vocabulaire". On a la chance de découvrir des oeuvres issues de collections publiques mais aussi privées, donc rarissimes. Les panneaux explicatifs sont clairs et instructifs, la muséographie ouverte intéressante. Envoûtant pour les amateurs des oeuvres picassiennes. Bravo !
Ne quittez pas le musée sans avoir vu l'expo très fouillée sur la restauration : Dans le secret des oeuvres d'art. Située au carrefour de la science, de l'histoire, de l'artisanat et de l'art, cette expo nous fait entrer dans la matérialité des oeuvres, du constat d'état aux différentes phases de restauration grâce à l'étude de cas concrets.
Continuons par la fondation Vincent van Gogh d'Arles, qui propose une très belle expo intitulée Soleil chauds, soleils tardifs, les modernes indomptés. Celle-ci retrace le rapport à la Méditerranée, au modernisme et au post-modernisme de nombreux artistes à travers les oeuvres de Vincent van Gogh, les œuvres tardives de Pablo Picasso (pour qui Van Gogh était une figure tutélaire) et d’Alexander Calder, mais aussi celles d’Etel Adnan, Giorgio De Chirico, Adolphe Monticelli, Sigmar Polke, Germaine Richier, Joan Mitchell et du musicien Sun Ra. Ce parcours est très riche et fascinant ! Prenez un moment de repos dans le patio et feuilletez les ouvrages d'histoire de l'art présentés à la librairie...
Le musée Réattu d'Arles propose aussi quelques oeuvres Picassiennes : portraits de Jacqueline en Arlésienne et de Lee Miller. En 1971, deux ans avant sa mort, Picasso offre au musée un ensemble de cinquante sept dessins, où trois thèmes se conjuguent : "l'Arlequin, le Peintre et son modèle, et la figure du Mousquetaire, moitié hidalgo / moitié matador, fascinant autoportrait final."
Détour par Aix-en Provence pour découvrir au musée Granet l'expo Picasso-Picabia, la peinture au défi, véritable dialogue entre deux géants de la peinture moderne, proches et antagonistes à la fois mais partageant la même liberté d'expérimentation en art, rejetant l'idée de style et se métamorphosant sans cesse. "Le pire ennemi d'un peintre, c'est le style" disait Picasso.
Toutes ces oeuvres se parlent, entrent en résonance, échos extériorisés des états d'âme de l'artiste au fil du temps, de son désir d'expression toujours réinventé. Pur bonheur... !